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LINKY ET GAZPAR : LES COMPTEURS COMMUNICANTS D'ELECTRICITÉ ET DE GAZ CONTINUENT LEUR INSTALLATION

LINKY ET GAZPAR : LES COMPTEURS COMMUNICANTS D'ELECTRICITÉ ET DE GAZ CONTINUENT LEUR INSTALLATION
Les nouveaux compteurs ont la particularité de communiquer avec les systèmes d’information des gestionnaires de réseaux pour permettre, notamment, la remontée des données enregistrées par le compteur.
Pour l’électricité, il est prévu que sur le territoire desservi par Enedis (ex ERDF), soit 95 % du territoire, 90 % des compteurs doivent être changés par un compteur Linky d’ici le 31 décembre 2021.
Pour le gaz naturel, sur le territoire desservi par GRDF (également 95 % du territoire), il est prévu un remplacement des compteurs actuels par Gazpar d’ici fi 2022. Sur le reste du territoire qui est géré par des entreprises locales de distribution, des compteurs communicants vont également être installés* (90 % des compteurs d’électricité doivent être changés d’ici le 31 décembre 2024). Si le remplacement massif des compteurs d’électricité a commencé fin 2015, celui des compteurs de gaz naturel a débuté en mai 2017.

Ces nouveaux compteurs sont au cœur de nombreux questionnements auprès des consommateurs, concernant aussi bien les modalités de leur installation que les bénéfices qu’ils peuvent apporter. Le but de notre article est d’y répondre. 

LES AVANTAGES PREVUS 

Les compteurs Linky et Gazpar sont censés apporter des bénéfices à la fois aux opérateurs et aux consommateurs, à savoir :

un relevé des compteurs à distance. Le consommateur ne sera plus obligé d’être présent pour qu’un technicien passe relever le compteur lorsqu’il est situé à l’intérieur du logement ;
des factures plus précises car les fournisseurs disposeront de relevés mensuels (et plus seulement semestriels) ;
en électricité, un pilotage du réseau plus efficace (ex : diagnostic facilité en cas de panne, suivi plus fin de la qualité de l’électricité), la réalisation de certaines opérations à distance, tels qu’une augmentation de puissance ou un changement de tarif et dans des délais réduits. Tout ceci devant entraîner par ailleurs une diminution des coûts ;
pour les nouveaux clients désirant auto-consommer une partie de leur production tout en injectant le surplus de leur énergie produite mais non consommée sur le réseau, Enedis installe des compteurs Linky depuis le 1 er janvier 2017. Tout en soutenant le développement des énergies renouvelables, l’entreprise fait faire des économies à ces consommateurs. En effet, un seul compteur permet de mesurer à la fois l’électricité produite et celle consommée. Plus besoin de s’équiper, à un coût parfois élevé, d’un deuxième compteur (baisse de 600 € TTC en moyenne sur le coût de raccordement de l’installation). Pour accompagner la transition énergétique, Linky souhaite aussi faciliter le développement des véhicules électriques sans déséquilibrer le réseau ;
• pour les consommateurs, de nouveaux moyens de suivi, d’analyse et de maîtrise de leur consommation. En effet, les gestionnaires de réseau mettent à la disposition des abonnés, et sans facturation, un espace personnel sécurisé sur leur site internet (www.enedis.fr et www.grdf.fr ou site des entreprises locales de distribution) pour leur permettre de suivre leur consommation mensuelle et quotidienne d’énergie. Les consommateurs sont également informés par courrier électronique et ils peuvent mettre en place un système d’alerte, en cas de dépassement d’un seuil de consommation fié par eux. Concernant l’électricité, le consommateur devait aussi pouvoir acheter un écran ou un boîtier pour afficher sa consommation d’énergie (en kWh et en euros) en temps réel dans son logement. Les bénéficiaires des tarifs sociaux et du chèque énergie devaient en bénéficier gratuitement. L’objectif de ces dispositifs est de mieux suivre sa consommation pour mieux la maîtriser et notamment faire des économies d’énergie ;
• la diversification de l’offre adaptée aux attentes et besoins des clients (ex : pilotage des appareils ménagers de la maison).
pour les fournisseurs, éditer, grâce aux données mensuelles remontées automatiquement, des factures plus précises, basées sur la consommation réelle et ainsi réduire le nombre de litiges liés à la facturation.

DES INQUIETUDES ET DES LENTEURS

Tout comme avec le compteur Linky, l’arrivée du compteur Gazpar, début mai, a suscité la polémique auprès de communes et de particuliers.

Premièrement, pour ces opposants, ces compteurs pourraient être à l’origine d’un risque sanitaire dû aux ondes électromagnétiques. Pourtant, deux études prouvent le contraire : une étude de l’agence nationale des fréquences (ANFR) sur l’exposition du public aux ondes créée par les compteurs Linky publiée le 22 septembre 2016, et un rapport de l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) sur l’exposition de la population aux champs électromagnétiques émis par les « compteurs communicants » publiée le 15 décembre 2016.

En effet, le compteur d’électricité Linky utilise la technologie du Courant Porteur en Ligne (CPL) comme premier niveau de communication des données vers un concentrateur. L’information transite via les câbles électriques et n’induit donc pas davantage de champs électromagnétiques à l’intérieur des logements que les compteurs actuels. Quant au deuxième niveau de communication, il est assuré par le réseau de télé- phonie mobile entre le concentrateur et le système central d’Enedis. Le compteur de gaz naturel Gazpar, lui, transmet les données deux fois par jour, en moins d’une seconde, par onde radio, vers un concentrateur, utilisant une fréquence de 169 MHz, proche des fréquences de la radio FM. Un deuxième niveau de communication est assuré par téléphonie mobile entre le concentrateur et le système d’information de GRDF.

Deuxièmement, pour certains abonnés, ces compteurs communicants représentent un risque pour le respect de la vie privée. Ce à quoi les gestionnaires de réseau répondent que toutes les données de consommation sont cryptées à la source, c’est-à-dire dans le compteur, et aucune donnée personnelle ne transite dans le système. La protection des données pendant leur transmission entre le domicile de l’abonné et le système d’information centralisé du gestionnaire de réseau est donc garantie.
Par ailleurs, le dispositif de sécurité mis en place est conforme à la réglementation (arrêté de janvier 2012) et au référentiel de sécurité certifié par l’Anssi (Agence nationale de sécurité des systèmes d’information).
Et si les données de consommation mensuelle sont transmises au fournisseur, les données de consommation plus précises (mes données quotidiennes, horaires ou plus fies pour l’électricité) ne peuvent pas être transmises à des tiers (fournisseur d’énergie ou de services) sans mon autorisation.

Un autre point soulevé notamment par le médiateur national de l’énergie concernant le déploiement des compteurs Linky est le retard qui a été pris sur la mise en place des fonctionnalités et outils nécessaires aux consommateurs pour leur permettre de mieux appréhender le suivi de leur consommation, et donc d’en percevoir les bénéfices. Et pourtant, le médiateur est favorable aux compteurs communicants, ceux-ci étant, selon lui, utiles pour la gestion du réseau, la réalisation d’opérations à distance et une facturation plus précise car basée sur des relevées plus fréquents.
Par exemple, on peut citer le fait que l’installation dans le logement d’un boîtier permettant de suivre la consommation d’électricité en temps réel, n’est gratuite que pour les foyers éligibles au chèque énergie, et seulement à partir de 2018. Par ailleurs, l’inscription sur le site du gestionnaire de réseau afin de suivre sa consommation a été peu mise en avant par Enedis et la démarche n’est pas possible dès la pose du compteur. Il faut attendre qu’il soit « devenu » communicant avec le système d’information du gestionnaire de réseau, ce qui peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Ce délai pour s’inscrire peut décourager les consommateurs même les plus motivés. Pour l’instant, moins de 2 % des consommateurs équipés de Linky ont créé leur compte d’accès.

Un autre retard concerne la possibilité de suivre sa courbe de charge (consommation d’électricité heure par heure). La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), après avoir vérifié le dispositif envisagé par Enedis, a considéré comme acceptable une conservation limitée à un an de la courbe de charge à l’intérieur du compteur, sans remontée vers le gestionnaire de réseau (à condition qu’il soit possible de désactiver le stockage ou de purger ses données à tous moments). Avec ce dispositif, un consommateur peut récupérer, s’il le demande, un historique de sa courbe de charge. Cependant, le décret d’application permettant sa mise en oeuvre par le gestionnaire de réseau n’est paru que depuis le 10 mai 2017. Par conséquent, un consommateur qui souhaiterait accéder à un historique de douze mois de sa courbe de charge, pour comparer les offres des fournisseurs et vérifier si elles sont adaptées à ses usages, devra attendre un an avant de pouvoir récupérer cette information.

Un autre point a été reproché lors de l’installation des compteurs Linky : l’impression de passage en force, d’un déploiement qui s’est fait sans le consommateur.
Alain BAZOT, Président d’UFC – Que Choisir, a même indiqué que « le déficit criant d’information autour du déploiement des compteurs communicants n’a fait qu’exacerber les inquiétudes ».
Une situation qui encourage GRDF à reprendre la méthode utilisée dans les zones pilotes pour le déploiement de Gazpar, avec de nombreuses réunions de concertation organisées avec les élus, les bailleurs et les associations locales.

Une dernière inquiétude des consommateurs concerne la possibilité de couper l’énergie à distance en cas d’impayé avec les compteurs communicants. Pour l’électricité, il est techniquement possible de réaliser des coupures à distance, mais il a été décidé que les coupures pour impayé ne seraient mises en oeuvre qu’après le déplacement d’un technicien du gestionnaire de réseau de distribution. En revanche, une réduction de puissance sera possible à distance. Enfin, si il y a consommation sans contrat, la fourniture pourra toutefois être coupée à distance.Concernant le gaz naturel, les compteurs Gazpar ne sont pas équipés de vanne de coupure. Ils ne peuvent donc pas être coupés à distance.

L'INSTALLATION DES COMPTEURS


Intéressons-nous à présent aux aspects « techniques » de l’installation des compteurs communicants.
Mais auparavant, il est important d’indiquer que le consommateur ne peut pas s’opposer à leur changement. Le compteur d’électricité appartient aux collectivités locales et le compteur de gaz au gestionnaire de réseaux. Ils ne sont donc pas la propriété du consommateur. Le code de l’énergie indique que le gestionnaire de réseaux de distribution est chargé « d’exercer les activités de comptage pour les utilisateurs raccordés à son réseau, en particulier la fourniture, la pose, le contrôle métrologique, l’entretien et le renouvellement des dispositifs de comptage et d’assurer la gestion des données et toutes missions afférentes à l’ensemble de ces activités. » (code de l’énergie : article L322-8 pour l’électricité, L432-8 pour le gaz). Par ailleurs, le remplacement du compteur ne change ni le contrat, ni le prix de la fourniture d’électricité ou de gaz naturel et il n’est pas facturé.

Les modalités de remplacement des compteurs sont les suivantes.
Le consommateur reçoit un courrier du gestionnaire de réseaux pour l’informer du remplacement de son compteur et du nom de la société sous-traitante en charge de l’intervention. S’il veut s’assurer que l’entreprise de pose de compteur est bien un prestataire du gestionnaire de réseaux, le consommateur peut le vérifier en appelant le 08 00 05 46 59 (08000LINKY) pour l’électricité et sur le site www.grdf.fr via le service en ligne Am@nda (Mes services > Je vérifie la fiabilité de mon prestataire) pour le gaz. Par ailleurs, à cette étape, il est recommandé de s’inscrire sur le site internet d’Enedis et de GRDF afin de créer son espace personnel, renseigner ou mettre à jour ses coordonnées, obtenir des informations sur le déploiement des compteurs et des informations pratiques sur leurs fonctionnements et surtout gérer le rendez-vous de remplacement du compteur (confirmer ou modifier le rendez-vous, indiquer sa présence ou celle d’un représentant).

Le changement de compteur est prévu pour durer, en moyenne, 30 minutes. Le nouveau compteur sera de la même taille que l’actuel, sa localisation n’est pas modifiée et il utilise les mêmes branchements. En particulier en électricité, si mon ballon d’eau chaude est branché pour se déclencher en heures creuses, le technicien remettra le branchement à l’identique. Si le compteur est situé à l’extérieur de mon logement et accessible, je n’ai pas besoin d’être présent pour le changement. Pour l’électricité, il est important de noter qu’au moment de l’intervention, il y a une coupure de courte durée de mon alimentation électrique. Après le changement de compteur, le consommateur n’aura pas d’opération à effectuer.
Pour le gaz naturel, il faut savoir qu’avant l’intervention de remplacement de compteur et pour faciliter le travail du technicien, il est préférable de couper les appareils alimentés en gaz (notamment la chaudière individuelle le cas échéant). Après le changement de compteur, une remise en gaz est nécessaire. Deux cas de figure se présentent. Si le consommateur est présent lors du changement de compteur, le technicien effectue la remise en gaz de l’installation. Si le consommateur est absent, le technicien laisse un mode d’emploi lui expliquant comment effectuer la remise en gaz. Mais, il est également possible de contacter GRDF pour qu’un technicien vienne rétablir l’alimentation en présence du consommateur. Le technicien effectuera un relevé de compteur avant et après le changement. Pour prévenir tout litige, il est conseillé d’effectuer soi-même un auto-relevé du compteur juste avant son remplacement (en prenant une ou plusieurs photos par exemple).

Concernant les zones gérées par une entreprise locale de distribution, pour savoir si des compteurs communicants vont être mis en place, à quelle échéance et quelles sont les modalités pratiques, il faut contacter directement l’entreprise.

Source : energie-info.fr. Fiche pratique « Les compteurs communicants Linky et Gazpar ».

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